Syndicat Métallurgie Isère CFE-CGC (SMI)

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Attention danger...!

Écrit par Webmaster le . Publié dans Métallurgie

Les indemnités chômage des cadres sont actuellement au cœur d’une polémique. Elles seraient scandaleusement élevées notamment si on compare la France à d’autres pays européens.

A la CFE-CGC, nous sommes solidaires de tous les salariés, et nous comprenons que ceux qui connaissent de graves difficultés attendent que notre modèle social leur vienne en aide. Mais nous ne souhaitons ni un nivellement par le bas ni la déformation de la réalité.

En France, la part du salaire d’un cadre reversée à l'assurance-chômage n'est pas différente de celle des autres catégories de salariés. Elle s'élève à un taux constant de 6,4% du salaire brut jusqu'à un maximum de 4 fois le plafon de de la sécurité sociale, soit 12 516 € (au 1er janvier 2014). En contrepartie de ses cotisations, un cadre comme tout autre salarié peut espérer recevoir une allocation si un jour il se retrouve au chômage.

Cette allocation doit permettre au salarié de maintenir ses ressources dans un rapport suffisant par rapport à la rémunération perdue qui a servi de référence au calcul de ses cotisations. Elle doit lui permettre de retrouver "sereinement" un nouvel emploi en lien avec son expérience et ses qualifications. Il s'agit bien d'une assurance qui est calculée sur le revenu brut de référence plafonné à 12 516€ brut mensuel (au-delà, l’allocation ne progresse plus). Un cadre peut donc aussi recevoir une indemnité chomage d'environ 57,4% de son salaire brut plafonnée à 7 184€ brut par mois .

On nous cite souvent en exemple les pays étrangers. En Allemagne par exemple, la part du salaire cotisé à l’assurance chômage n’est que de 3% ! Le revenu brut maximum servant au calcul de l’allocation (environ 44%) est plafonné par contre à 5.000€ par mois. Un cadre au chômage en Allemagne peut donc toucher une allocation maximale de 2.200€ par mois.

L’indemnisation moyenne pour les cadres en France (environ 2.631€ par mois alors que la moyenne pour l'ensemble des chômeurs indemnisés est de 1.121 euros par mois) est donc supérieure à celle de leurs homologues allemands mais ils cotisent plus de 2 fois plus !

Les cotisations des cadres représentent 30 Milliards d’euros de cotisations soit 30% du budget de l’assurance chômage. Les allocations versées pour les cadres au chômage ne représentent que 18% des dépenses. Les cadres participent donc pour plus de 10 Milliards d’euros à la solidarité inter-catégorielle.

Plafonner exagérément les indemnités chômage des cadres pourrait les pousser à se tourner vers des assurances privées puisqu’il s’agit bel et bien d’une « Assurance » par rapport à la perte de salaire. Quand une assurance n'apporte plus la protection qu'elle est sensée apporter alors il faut en changer ! Dans ce cas il n'est pas sûr que le système actuel sorte gagnant de ces polémiques politiciennes.

On peut se demander à qui profiterait le crime ? Aux idéologues de la lutte des classes ? Aux égalitaristes invétérés qui petit à petit nivèlent notre société par le bas? Aux chantres du libéralisme qui veulent détruire notre système de protection social pour le remplacer par un système entièrement privé? Aux patrons qui veulent faire des économies de charge sur le dos de la catégorie du personnel souvent considérée comme la plus "docile" ? Certes il y a un raz le bol fiscal et le pays a besoin d'être réformé mais nos cotisations sociales ne sont pas là pour se substituer à l'impôt et elles génèrent déjà un solde positif de 12 Milliards d'euros au régime général d'assurance chomage. Cependant, les cadres ont aussi le droit à une véritable protection sociale à la hauteur de leur contribution quand ils se trouvent confronter à des difficultés.

Les cadres peuvent aussi adhérer à un syndicat qui les représentent et qui défend sans compromission les principes de solidarité avec l'ensemble des salariés. Ce syndicat c'est la CFE-CGC.