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La notion de cadre : une idée moderne pour redonner du sens au travail

Écrit par UD 38 le . Publié dans Communiqués de Presse Confédéraux

et réhumaniser l’entreprise au service de l’efficacité collective

14/11/2018

A ceux qui tentent de ringardiser la notion de cadre, la CFE-CGC tient à rappeler la contribution déterminante des salariés de l’encadrement au bon fonctionnement et à l’efficacité des collectifs de travail dans les entreprises et la fonction publique. La définition de l’encadrement est indispensable pour y associer des dispositions permettant un exercice efficace et soutenable dans la durée des fonctions exercées (en actualisant l’accord interprofessionnel de 1983) et ainsi se donner les moyens d’inverser la tendance à une désaffection croissante à accéder à plus de responsabilités, très pénalisante pour nos entreprises et notre économie.

Les salariés de l’encadrement sont ceux qui contribuent significativement aux processus de prise des décisions importantes de l’entreprise, dans tous ses champs d’activité : managérial et d’animation, technique, commercial, administratif, conduite de projets... Ils se caractérisent en particulier par un bon niveau d’autonomie, de responsabilité et de qualification. Leurs fonctions et responsabilités se sont adaptées au cours du temps accompagnant les évolutions technologiques et organisationnelles. Toutes les entreprises du monde occidental fonctionnent sur le même modèle et la notion d’encadrement est bien internationale et non une spécificité française : ils sont appelés ‘cols blancs’ dans d’autres pays.
Les fonctions d’encadrement ont beaucoup de points communs quel que soit le secteur d’activité. Les quelques spécificités sont davantage liées à la taille des entreprises qu’au secteur. L’encadrement est une des clés de l’efficacité de nos PME. L’idée véhiculée que, dans les grandes entreprises, les décisions se concentrent de plus en plus au sommet des organisations est source de démotivation et porteuse d’inefficacité car alors bon nombre d’entre elles ne se prennent pas ou sont prises par défaut et donc hors de toute maitrise. Pour la CFE-CGC une organisation efficace est celle où les décisions se prennent au niveau adapté et dans lequel l’encadrement a toute sa place dans un processus de délégation.

L’encadrement a aussi un rôle important dans l’entretien de bonnes relations de travail et la valorisation de l’humain indispensables à une efficacité durable de nos entreprises. La CFE-CGC appelle à plus de considération des fondamentaux de la psychologie humaine, les salariés s’investissent dans leur travail parce qu’ils en perçoivent un retour en termes de reconnaissance, pas parce qu’ils sont un ETP (Équivalent Temps Plein) affecté à un poste !

La CFE-CGC conteste la vision du ‘modernisme’ imposant la déstructuration progressive de notre activité économique comme la seule route à suivre. Le vrai progrès est dans la valorisation de l’encadrement qui sait mieux que tous comment améliorer la performance de nos entreprises avec le souci de l’humain et du long terme.

La négociation sur la définition de l’encadrement doit se poursuivre dans les termes convenus dans l’ANI du 30 octobre 2015 : C’est une nécessité pour notre pays et notre économie, c’est indispensable pour matérialiser que le dialogue social est encore loyal !

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Pouvoir d’Achat : La baisse est bien réelle pour les classes moyennes

Écrit par UD 38 le . Publié dans Communiqués de Presse Confédéraux

La situation de nos concitoyens ne s’analyse pas à l’aune de la seule moyenne statistique publiée par l’INSEE

09/11/2018

La CFE-CGC constate que le pouvoir d’achat de nombre de nos concitoyens, dans des situations très différentes, se dégrade significativement. Le pouvoir politique conteste ce constat en invoquant la moyenne d’évolution, légèrement positive, publiée par l’INSEE. Mais les données statistiques doivent être analysées au-delà d’une moyenne globale, la situation de la majorité de nos concitoyens étant loin d’être conforme à cette ‘moyenne statistique.
L’évolution du pouvoir d’achat résulte de l’évolution du revenu disponible brut (RDB) des ménages et de celle du prix de leurs dépenses de consommation.

Côté revenus, l’INSEE relève clairement un ralentissement de la masse salariale brute. La CFE-CGC avait alerté sur ce point dès début 2018, de nombreux employeurs prétextant du transfert de cotisations sociales salariales vers la CSG pour appliquer une politique d’évolution salariale faible ne permettant pas un maintien du pouvoir d’achat en présence d’un regain d’inflation. Le gain qui aurait dû résulter du reliquat de transfert cotisations salariales-CSG au 1er octobre a donc été sérieusement amputé par avance pour de nombreux salariés.

Les retraités sont de leur côté très impactés par une très faible revalorisation de leurs pensions et l’augmentation de la CSG. L’INSEE souligne d’ailleurs que la principale cause d’augmentation du revenu moyen résulte de la suppression de l’ISF. Il est facile de comprendre que cela ne concerne que très peu de ménages. La moyenne est donc loin de traduire la situation de la majorité de nos concitoyens et des classes moyennes qui ne bénéficient que très peu de l’augmentation de certaines aides sociales.

Côté dépenses, les dépenses contraintes des ménages augmentent significativement.
- La forte augmentation des produits pétroliers impacte directement les individus habitant en zone rurale qui n’ont pas d’alternative à l’utilisation de leur véhicule personnel pour les déplacements indispensables à leur vie quotidienne, à commencer pour se rendre à leur travail.
- Les résidents des grandes agglomérations voient eux le prix des logements continuer à augmenter et ainsi réduire leur pouvoir d’achat.

La CFE-CGC considère, comme le perçoivent nos concitoyens, que les investissements et aides consacrés à la transition énergétique sont insuffisants et pas en rapport avec l’augmentation de la fiscalité sur les carburants. Une priorité plus importante doit être donnée au développement des transports en commun, au fret ferroviaire, à la rénovation énergétique des logements...et à une vraie politique d’aménagement du territoire qui vise à rapprocher lieu de travail et lieu de résidence.

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Négociation chômage : la CFE-CGC défendra un système assurantiel

Écrit par UD 38 le . Publié dans Communiqués de Presse Confédéraux

La négociation chômage qui s’ouvre le 9 novembre prochain est remplie d’injonctions et de contraintes paradoxales.

08/11/2018

En effet, Il faut sécuriser les parcours professionnels des demandeurs d’emploi tout en diminuant les dépenses, responsabiliser les entreprises sans les impacter financièrement, imaginer un meilleur système de couverture de longue durée avec moins de ressources, imaginer une nouvelle architecture sans connaitre le futur contour de l’indemnisation universelle, sécuriser la philosophie du régime assurantiel en ayant une minorité de population couverte par un régime purement assurantiel (sans exonération de contribution) et enfin réduire les déficits sans garantie aucune de pérennité des ressources allouées par l’État.

La CFE-CGC est consciente que les chances de réussite de cette négociation sont ténues mais elle s’engage avec détermination dans ce cycle de réunions pour que l’assurance chômage ne soit pas étatisée.

La CFE-CGC défendra un système assurantiel où la base de cotisation est la même que celle du calcul de l’allocation, tout en gardant une égalité de traitement entre les différentes populations.

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Modification du régime social des Activités Sociales et Culturelles des Comités d’entreprise.

Écrit par UD 38 le . Publié dans Communiqués de Presse Confédéraux

La CFE-CGC dénonce un processus législatif inutilement anxiogène.

06/11/2018

La CFE-CGC a découvert avec grand étonnement le vote en première lecture à l’Assemblée Nationale d’un amendement au PLFSS 2019 visant à plafonner les exonérations sociales sur les prestations des Activités Sociales et Culturelles (ASC) des Comités d’établissement ou d’entreprise (CE).

Présenté au prétexte de clarifier le régime social applicable aux prestations d’ASC, il induit l’application de cotisations sociales sur la plus grande partie des aides prises en charges par les CE pour les activités sociales (aide au départ en vacances, en colonies de vacances pour les enfants, à la pratique sportive...) et culturelles, conduisant mécaniquement à réduire fortement leur volume pour les salariés.

Accompagné d’aucune étude d’impact et discuté trop rapidement pour que les députés présents puissent en apprécier la portée, cet amendement de franc-tireur a généré une forte inquiétude et une grande incompréhension chez les salariés et leurs représentants en charge de la gestion des CE.

La CFE-CGC est fermement opposée à cette mesure : les ASC sont en effet un moyen de permettre aux salariés de pratiquer des activités qu’ils ne pourraient pas exercer sans cette aide et sont souvent le ciment de la cohésion sociale d’un établissement.

La CFE-CGC note que le projet sous-tendu par l’amendement repose sur la volonté de ne pas faire baisser les prestations d’ASC. Sa lecture juridique n’étant pas conforme à l’esprit affiché, la CFE-CGC demande que l’amendement soit annulé dès le début de la discussion du PLFSS au Sénat. Elle mobilisera ses réseaux et ses militants pour que les ASC soient préservées.

La CFE-CGC s’inquiète par ailleurs de la dégradation du processus législatif qui vise à voter des dispositions avant d’en comprendre la portée et d’en analyser les conséquences. Cela n’est clairement pas le signe d’un processus efficace. Nos concitoyens attendent un meilleur fonctionnement de nos institutions démocratiques.

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La CFE-CGC réunit ses militants pour redonner du sens à l’entreprise

Écrit par UD 38 le . Publié dans Communiqués de Presse Confédéraux

et répondre à ses défis technologique, générationnel et de gouvernance

Deauville, Le 11 octobre 2018

Alors que les interrogations autour de l’entreprise et de son mode de gouvernance n’ont jamais été aussi fortes, la CFE-CGC a réuni pendant trois jours ses militants en Université d’automne pour construire la vision du futur que l’organisation souhaite porter.

Du 9 au 11 octobre 2018, au CID de Deauville, près de 350 militants ont échangé sur la place de l’humain au cœur de l’entreprise. Dans la continuité du cycle de conférences « Y voir clair » axé sur l’avenir de l’entreprise et du travail, des auteurs, experts et entrepreneurs sont intervenus pour nourrir les réflexions des militants autour de questions capitales : Quels défis à relever pour s’inscrire durablement dans une organisation bousculée par l’impact du numérique et de l’intelligence artificielle ? Comment répondre aux attentes et au positionnement des jeunes générations ? Quelle place pour le dialogue social et les représentants des organisations syndicales dans ce paysage rénové et inédit ?

Au cours de cet événement structurant pour le syndicat des cadres, les militants venus de tous les horizons de la confédération se sont réunis en « ruches » pour faire émerger des idées autour de 3 thématiques centrales pour l’entreprise : la gouvernance, les générations Y et Z, et la technologie avec l’Intelligence artificielle et le big data.

Une dizaine de questions ont été traitées parmi lesquelles : Pourquoi la question de la gouvernance est-elle centrale dans l'évolution de la notion d'entreprise ? Comment faire évoluer le mode d’interaction syndical, pour s’adapter aux codes des jeunes générations ? Comment favoriser une implantation socialement acceptable de l'IA dans les entreprises et comment la sécuriser ?

Partant du constat que les entreprises s’étonnent de ne pouvoir recruter, le président de la confédération a réaffirmé le rôle essentiel des syndicats pour se réapproprier le sujet de l'entreprise trop longtemps laissé aux mains des dirigeants d'entreprises. Pour François Hommeril : « L’entreprise a perdu du sens et des valeurs, parce que tout a été définitivement concentré sur les intérêts financiers pour le capital. Or sans capital humain, il n’y a pas d’entreprise. La valeur du capital humain est dans la diversité des individualités qui le compose. L’entreprise peut être un lieu d’épanouissement, à condition bien sûr qu’elle nous propose un projet qui a du sens. »

A l’issue de ces 3 jours, la CFE-CGC publiera des Actes et poursuivra ses réflexions dans les fédérations pour que l’organisation puisse répondre aux attentes des salariés dont elle porte la parole dans l’entreprise et dans les fonctions publiques. La poursuite de ces réflexions s’inscrira dans la préparation du prochain Congrès qui se tiendra à l’automne 2019 à Deauville.

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Loi Pacte : l’examen parlementaire

Écrit par UD 38 le . Publié dans Communiqués de Presse Confédéraux

passe à côté de l’essentiel

08/10/2018

Alors que son examen à l’Assemblée nationale est maintenant achevé, force est de constater que la loi Pacte n’intègre toujours pas à ce stade les mesures essentielles au redressement de notre économie. Inquiétant, puisque le vote solennel en première lecture est prévu ce 9 octobre.

L’efficacité de notre économie et sa capacité à créer des emplois sont fortement influencées par le comportement des grandes entreprises. Malheureusement, leur stratégie vise trop souvent à maximiser le rendement actionnarial à court terme, au détriment de leur développement à long terme et de leur volume d’investissements en France – investissement pourtant essentiels pour assurer un bon niveau de productivité et un partenariat efficace avec les ETI et PME de leur chaîne d’approvisionnement. C’est pourquoi la CFE-CGC défend que l’amélioration de la gouvernance des grandes entreprises est une clé de notre redressement économique, bien plus efficace que la « souplesse » accordée aux PME, qui sera dans de nombreux cas détournée à leur profit par leurs entreprises clientes.

Les dispositions minimalistes du texte actuel ne permettront pas de faire prévaloir le sens du long terme indispensable dans la gouvernance des grandes entreprises. La définition de leur intérêt propre, la reconnaissance de leurs deux parties constituantes que sont leurs salariés et leurs actionnaires, et la participation d’un tiers de salariés dans leur Conseil d’administration sont des mesures indispensables portées par la CFE-CGC. Face à des créations d’emplois qui restent très faibles alors que notre pays alloue aux entreprises depuis plusieurs années près de 20 Mds d’€ par an de Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), le discours du gouvernement « demandant aux entreprises de jouer le jeu » en réponse à l’adoption en 2017 de mesures favorables aux milieux d’affaires, confine à l’impuissance et à une grave méconnaissance des critères de prise des décisions stratégiques par les dirigeants des grandes entreprises.

L’amendement 1951, qui réduit le salaire plafond de répartition de la participation aux bénéfices de 4 à 3 plafonds de la Sécurité sociale, tente de donner un visage social redistributif à cette loi. Loin d’être anecdotique, il est une preuve supplémentaire de l’ignorance de la réalité du monde des entreprises. Cette mesure sera sans effet dans les petites entreprises ou les salaires dépassant 120 000€/an sont rares. Dans les plus grandes, elle sera de peu d’effet pour les salariés avec les plus bas salaires ; elle omet surtout de prendre en compte les dispositifs spécifiques (attributions d’actions gratuites favorisées depuis la loi Macron d’août 2015 et retraites chapeau) que s’octroient leurs cadres dirigeants. Des compléments de rémunération substantiels, très largement supérieurs au montant de participation plafonné, alors que leur rémunération s’étage de plus de 3 à plus de 30 plafonds. Elle vient donc imposer de prendre aux cadres expérimentés qui s’investissent au quotidien dans leur travail, sans mettre à contribution les dirigeants plus favorisés dont les avantages constituent une charge comptable importante qui vient réduire le résultat, et donc la participation aux bénéfices de tous les autres salariés.

Cette mesure traduit une vision fausse du fonctionnement des organisations - et des grandes entreprises en particulier. Le gouvernement et la majorité parlementaire semblent considérer que seuls les tout premiers de cordée doivent être rémunérés sans limites, au nom qu’ils prendraient toutes les décisions et cela, aux frais de tous les autres salariés et cadres ramenés au rôle de simples exécutants. Pour la CFE-CGC, favoriser cette vision nuit gravement à l’efficacité de nos entreprises, tout comme à l’adhésion et la cohésion de leur corps social. Les salariés de l’encadrement savent bien qu’une entreprise efficace et performante est celle où les décisions se prennent au niveau adapté (et non tout en haut !). Ce qui induit un processus de délégation organisé et une responsabilisation de l’ensemble des salariés (avec au premier rang l’encadrement), qui trouvent ainsi un sens à leur travail.

C’est ce que la CFE-CGC aurait souhaité faire partager aux députés si le président et les rapporteurs de la Commission spéciale avaient daigné organiser un échange sur ce qui construit réellement des entreprises plus efficaces et plus justes.